Luxembourg
14, boulevard Royal – L-2449 Luxembourg
 
Lundi au vendredi
8h30 à 17h00
 
Bruxelles
Chaussée de La Hulpe, 120 – 1000 Bruxelles
Gand
Rijvisschestraat 124 – 9052 Gand
 
Lundi au vendredi
8h30 à 16h30

En dépit d’un contexte économique morose, marqué notamment par un net affaiblissement de l’activité manufacturière, les marchés actions ont affiché d’excellentes performances ces derniers mois. Le temps des prises de profit est-il venu ?

Explications avec Damien Petit, Head of Private Banking Investments, dans une chronique financière parue dans le quotidien Luxemburger Wort.

De nombreux investisseurs s’interrogent sur l’opportunité de sortir des marchés actions suite à la forte progression enregistrée ces derniers trimestres. Les marchés actions semblent d’ores et déjà anticiper la signature prochaine d'un accord partiel entre les États-Unis et la Chine ainsi qu’une ré-accélération de l’activité économique au cours des prochains mois après des signes de stabilisation de l’activité dans le secteur manufacturier. 

Le moment idéal pour sortir des marchés ?

Selon nous, le market timing, un exercice visant à tenter d’anticiper l’évolution des marchés à court terme en ajustant brutalement l’allocation d’actifs d’un portefeuille, peut se révéler très périlleux pour l’investisseur. Le coût d’opportunité d’une sortie des marchés ou de l’absence d’investissement peut en en effet s’avérer très significatif !

À titre illustratif, entre janvier 2003 et septembre 2019, un investisseur sur le marché européen des actions a obtenu un rendement annualisé de 6,5 %. Toutefois, si cet investisseur avait raté les 10 (30) meilleures séances boursières – ces 10 (30) séances représentant moins de 1 % de l’ensemble de la période considérée – son rendement annualisé s’en serait trouvé nettement altéré, passant de 6,5 % à 2,4 % (-1,8 %) ! L’investisseur souhaitant sortir des marchés actions doit par ailleurs s’interroger sur la pertinence des alternatives aux actions. 

La détention d’une large portion d’un portefeuille sous forme de liquidités constitue-t-elle une alternative crédible aux actions ? La réponse est clairement négative : l’investisseur subira en effet une perte de pouvoir d’achat faute de rémunération de cette liquidité. Les taux réels solidement ancrés en territoire négatifs en Europe viennent inexorablement pénaliser le détenteur de liquidité.  

Les obligations n’offrent plus - pour la plupart des segments de ce marché - de couple rendement risque satisfaisant. Faute de rendements attractifs au niveau de la dette souveraine - à l’exception de la dette étatique US qui offre un spread de l’ordre de 2 % par rapport à la dette allemande -, de nombreux investisseurs optent pour davantage de risque. Ces derniers privilégient par exemple les obligations libellées en devises locales - en particulier au sein des pays émergents - ou encore acceptent une nette dégradation de la qualité de crédit, en se portant sur la dette d’entreprises à haut rendement (dette émise par des débiteurs disposant d’une structure bilantaire très fragile). Ces différentes options contribuent à une augmentation sensible du risque du portefeuille. Elles sont dès lors bannies de notre approche de construction de portefeuille. Au sein de la poche défensive, nous privilégions plutôt la dette souveraine américaine et l’or, deux actifs qui ont démontré leur caractère décorrélant lors de crises boursières ces 30 dernières années.

 
Nos solutions d'investissement sur mesure
Vous disposez d'un patrimoine financier que vous souhaitez protéger et faire fructifier dans la durée ?

En terme relatif, les actions restent dès lors la classe d’actifs à privilégier. Les primes de risque, toujours élevées, confirment une valorisation relative toujours favorable aux actions. Certes, le rendement attendu des marchés actions a sensiblement reculé au cours des dernières années mais celui-ci reste bien supérieur à celui des obligations. Néanmoins, l’investisseur en actions s’expose inévitablement à la volatilité. Nous suggérons deux pistes afin de limiter cette volatilité. D’une part, une bonne diversification du portefeuille tant au niveau géographique - qui repose sur le poids économique des grandes zones plutôt que les capitalisations boursières - que par taille d’entreprises. D’autre part, des investissements au sein d’entreprises de qualité, peu cycliques, qui permettront d’éviter toute perte définitive en capital (contrairement à la dette à haut rendement en cas de défaut). Ces sociétés disposeront en outre généralement de la capacité à verser un dividende en croissance régulière. 


L’investisseur devra toutefois obligatoirement opter pour une stratégie d’investissement en adéquation avec son profil de risque. Une allocation d’actifs plus « défensive » - avec une exposition limitée aux actifs les plus « risqués » - réduira logiquement le rendement attendu pour l’investisseur, particulièrement dans l’environnement de taux négatifs en zone euro.

Damien Petit
Responsable Private Banking Investments
Abonnez-vous à la newsletter mensuelle
Recevez mensuellement les analyses des marchés financiers et les actualités de la Banque.

Consultez notre dernière newsletter Consultez notre dernière newsletter