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Guy Wagner, Administrateur – Directeur de BLI, Banque de Luxembourg Investments observe que dans le contexte du conflit commercial sino-américain, les entreprises hésitent à investir, ce qui pèse davantage sur l’Europe et sur la zone euro que sur les États-Unis.

L’économie mondiale a enregistré en 2019 son rythme de croissance le plus faible depuis 10 ans. Faut-il craindre, à terme, un renversement de tendance et une récession ?

À l’heure actuelle, les craintes d’une récession sont exagérées. Il faut être conscient que, depuis 10 ans, la croissance est devenue structurellement plus faible. Donc, dès qu’il y a des phases de ralentissement, de telles craintes de récession apparaissent plus vite. Mais encore une fois, elles sont exagérées.

Quelles sont les raisons principales de cette baisse de régime ?

Pour ce qui est du volet purement structurel, les causes sont liées aux facteurs traditionnels qui entrent dans la définition de la croissance : les tendances démographiques, les questions de productivité, etc. Ce sont des éléments qui, aujourd’hui, constituent de vrais freins à la croissance. À cela s’ajoute le problème du surendettement massif : il existe beaucoup d’études empiriques qui montrent la corrélation très étroite entre surendettement et croissance faible.

Et puis à côté de cela, il y a évidemment le contexte des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, qui pèsent lourdement sur le climat de confiance, et qui pèsent sur les investissements. Cela fait qu’à l’intérieur de ce cadre structurel de croissance plus faible, il y a une certaine décélération qui s’ajoute.

L’impact des décisions de la Fed sur la croissance mondiale est relativement limitéGuy Wagner, Administrateur – Directeur, BLI - Banque de Luxembourg Investments

Quelles réactions peut-on attendre suite à la récente décision de la Réserve fédérale américaine de faire une pause après trois annonces consécutives de baisse des taux directeurs ?

Ce volte-face de la Fed a surtout aidé les marchés financiers, mais à une échelle macro-économique, l’impact sur la croissance est relativement limité.

Le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis, qui dure depuis bien longtemps maintenant, est-il de nature à fragiliser l’économie américaine ?

Jusqu’à présent, l’impact de ces tensions sur l’économie américaine reste limité, car l’économie américaine est assez fermée. Son moteur principal reste la consommation privée, contrairement à la zone euro qui est beaucoup plus exposée aux fluctuations du commerce mondial, directement impactées par le conflit actuel.

Personne ne prend au sérieux le déficit budgétaire américainGuy Wagner, Administrateur – Directeur, BLI - Banque de Luxembourg Investments

Dans le même temps, les États-Unis font face à un déficit budgétaire sans précédent qui bride, par la force des choses, les autorités dans leurs possibilités de stimuler l’activité économique. Est-ce une voie sans issue ?

Ce n’est pas forcément une voie sans issue, mais c’est inquiétant. Le problème est que, aujourd’hui, personne ne prend cela au sérieux. On entend ça et là des voix, y compris en Europe, qui s’élèvent et qui considèrent que les taux d’intérêts, et donc le coût du financement des États, sont tellement faibles que cette problématique des déficits budgétaires, on peut un peu l’oublier.

Ce qui est étonnant, c’est que ce déficit record arrive à un moment où l’économie américaine va relativement bien. Elle est dans son cycle de croissance le plus long jamais connu, ce qui devrait au contraire générer une situation de surplus budgétaire. D’habitude, les déficits budgétaires s’observent plutôt en période de récession. Or ici, on a plus de 10 ans de croissance, un taux de chômage historiquement faible et malgré tout un déficit budgétaire record.

De son côté, la zone euro a-t-elle les reins suffisamment solides pour faire face à une dégradation du climat économique international ?

Il faut savoir qu’aujourd’hui, on a des économies qui sont de plus en plus dépendantes des services et non plus de l’industrie. Or, les services sont relativement stables : par le passé quand les économies étaient davantage dépendantes de l’industrie, par définition plus cycliques, on observait des croissances plus volatiles. Aujourd’hui, la croissance est, certes, plus modérée, mais elle est relativement stable.

Clairement, ce conflit sino-américain pèse davantage sur l’Europe et la zone euro en affectant la confiance des entreprises - qui hésitent à investir - et donc le commerce mondial. Or, comme je le disais, l’économie européenne est davantage ouverte que ne l’est l’économie américaine et c’est pour cela qu’elle est davantage impactée.

Dans le cas de la zone euro, il ne faut donc pas sous-estimer le risque de récession : c’est une région qui a un potentiel de croissance plus faible et qui est plus affectée par ce qui se passe autour d’elle.

Écoutez le podcast dans son intégralité

 

Guy Wagner
Administrateur-Directeur de BLI - Banque de Luxembourg Investments
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