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La baisse des marchés actions provoquée par la propagation de l'épidémie de Covid-19 a été brutale tant par sa rapidité que par son amplitude. Ainsi, la semaine du 9 mars restera dans les annales boursières comme l'une des pires semaines jamais connues.

Dans le monde entier, les réactions des gouvernements face à cette crise sanitaire ont été drastiques. Afin de préserver le système de santé de l'engorgement, de nombreux pays ont littéralement mis à l'arrêt leur économie et confiné leur population. L'impact sur l'économie, que ce soit au niveau national ou international, est conséquent : un trafic aérien réduit de 95 %, des centres-villes désertés, des magasins et restaurants fermés, des chaînes d'approvisionnement interrompues ou encore des sites de productions à l'arrêt. Sans surprise, les instituts économiques, tels que le FMI ou la BCE, prévoient une forte récession à l'échelle mondiale en 2020.

Mais chaque crise connaît une fin et il faudra en tirer les conclusions adéquates à différents niveaux et notamment sur le plan des marchés financiers. Ceci est également valable pour les petites capitalisations boursières européennes.

Comment se comportent les petites capitalisations durant des phases de baisse ?

Tout d'abord, analysons comment se sont comportées les valeurs de petites capitalisations depuis le début de la crise actuelle ?

Du plus haut de cette année (19/02/2020) au plus bas (23/03/2020), l'indice MSCI Europe Small Cap NR s'est déprécié de 41 %, une baisse plus accentuée que celle du MSCI Europe NR, son équivalent « Large cap », qui a cédé 35 % (voir graphique).

Source : MSCI, Bloomberg

 

Cette tendance des petites capitalisations à se replier plus fortement que les grandes valeurs a pu également être observée lors de la crise financière de 2007-2008 comme le montre le graphique ci-après.

Source : MSCI, Bloomberg

 

La sous-performance des valeurs de petites capitalisations en période de baisse s'explique principalement par deux facteurs :

  1. Tout d'abord, en période d'incertitude ou de crise (sanitaire, économique ou financière), l'objectif premier des investisseurs est de préserver leur capital. Les petites entreprises, souvent actives dans des secteurs de niche ou très spécifiques, n'ont généralement pas la capacité de compenser la baisse de la demande au sein d'une division par la stabilité d'une autre division. En d'autres termes, les investisseurs, en quête de visibilité et de stabilité, préfèrent détenir des grandes entreprises diversifiées comme Nestlé, Unilever ou Roche plutôt que d'être exposés à une petite société italienne, active dans un seul secteur.
  2. La deuxième raison est de nature technique. La liquidité des sociétés de petites capitalisations en termes de titres échangés sur le marché est plus restreinte que celle des grandes capitalisations. Souvent, une partie de la société est détenue par un actionnaire de référence qui, en général, ne change pas fréquemment sa position. Ainsi, lorsque le marché est orienté à la baisse, et que tout le monde veut vendre, les cours de bourse de ces sociétés souffrent davantage.

Après le point bas, la quête du sommet ?

Une fois ce constat de sous-performance établi, quelles conclusions utiles pouvons-nous en tirer ? Observons ce qui s'est passé lors des deux dernières décennies et plus particulièrement le comportement du segment des petites capitalisations juste après d'importantes crises boursières.

Ainsi, au début des années 2000, après l'éclatement de la bulle internet (« dot-com bubble »), les valeurs de petite capitalisation ont surperformé les grandes capitalisations au cours des 5 années qui suivirent le point bas du marché du 9 octobre 2002.

Source : MSCI, Bloomberg

Le même constat peut être tiré de l'analyse de l'évolution des marchés européens après la crise financière déclenchée par la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers. Après avoir atteint un point bas le 6 mars 2009, la reprise du marché au cours des 5 années suivantes s'est avérée plus marquée pour les petites sociétés que pour les grandes.

Source : MSCI, Bloomberg

Sur un horizon de temps plus long qui englobe ces deux crises (9/10/2002-31/12/2019), cette différence est encore plus notable. Ainsi, malgré la forte sous-performance des valeurs de petites capitalisations au plus fort de la crise financière mondiale de 2008, la surperformance des petites capitalisations sur l'ensemble de la période d'observation reste particulièrement évidente.

Source : MSCI, Bloomberg

L'Histoire va-t-elle se répéter ?

 

S'il est impossible de l'affirmer avec certitude, nous sommes convaincus que, une fois de plus, bon nombre de valeurs de petites capitalisations devraient sortir renforcées de cette crise.

En effet, ces dernières bénéficient généralement de caractéristiques spécifiques qui les favorisent en période de reprise économique et boursière :

  1. Des bilans solides : les petites entreprises ne disposent pas des mêmes facilités que les grandes entreprises pour se financer avec de la dette ; elles ont dès lors une politique de financement plus conservatrice et des niveaux d'endettement plus faibles qui leur permettent de redémarrer rapidement leurs activités après une récession économique. Ainsi, le ratio Endettement total/Fonds Propres pour 2019 du MSCI Europe Small Cap se situe à 1,24 x tandis qu'il est de 1,63 x pour le MSCI Europe.
  2. Une organisation hiérarchique généralement plus plate qui donne aux entreprises de petite taille plus d'agilité leur permettant ainsi de s'adapter plus facilement aux évolutions du marché.
  3. Les petites sociétés se trouvent généralement dans une phase de leur développement caractérisée par une croissance plus forte ce qui constitue une caractéristique attractive pour les investisseurs.
  4. Les sociétés de petites capitalisations sont souvent dotées d'un savoir-faire très spécifique et se concentrent sur un nombre restreint de produits ou services qui nécessitent peu de temps de relance.
  5. La problématique de la liquidité, si pénalisante en période de baisse, joue un rôle inverse en phase de hausse puisqu'elle favorise le développement du cours de bourse.

En conclusion, si tous ces éléments plaident pour un retour en grâce des valeurs de petites capitalisations, une fois le calme revenu sur les marchés financiers, il est primordial, afin de générer des performances pérennes sur le long terme, de maintenir un haut degré de sélectivité dans le choix des titres individuels et de n'investir que dans des entreprises suffisamment solides pour résister à des périodes de récession.

C'est cet objectif que la méthodologie d'investissement disciplinée de BLI vise à atteindre en privilégiant des entreprises de grande qualité dotées d'avantages compétitifs forts, de bilans solides, d'un savoir-faire unique et d'un potentiel élevé de génération de flux de trésorerie.

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