Luxembourg
14, boulevard Royal – L-2449 Luxembourg
 
Lundi au vendredi
8h30 à 17h00
 
Bruxelles
Chaussée de La Hulpe, 120 – 1000 Bruxelles
Gand
Rijvisschestraat 124 – 9052 Gand
 
Lundi au vendredi
8h30 à 16h30

L’excellent track record du Private Equity et la recherche de rendement sont aujourd’hui à l’origine de l’intérêt grandissant des investisseurs privés. Jerôme Zahnen, Investment Advisor à la Banque de Luxembourg, revient sur cette classe d'actifs dans un article paru dans le dernier supplément du Luxemburger Wort consacré aux fonds d'investissements.

Un placement en Private Equity permet d’investir dans le capital de sociétés non cotées par le biais de transactions privées. Le but est de financer et d’influencer activement leur développement dans l’optique de revendre la participation dans un horizon de temps de l’ordre de 3 à 8 ans, lorsque l’objectif d’investissement est atteint. Les investissements en Private Equity sont donc intrinsèquement à plus long terme que les investissements traditionnels sur les marchés financiers. Les sociétés sous-jacentes ont ainsi l’opportunité d’implémenter des stratégies dans la durée, sans avoir la pression du court terme à l’instar de nombreuses sociétés cotées, contraintes de publier leurs résultats trimestriellement.

Quelles sont les stratégies les plus courantes ?

Parmi les différentes stratégies de Private Equity, on peut en distinguer principalement trois :

  1. Les stratégies de « Venture Capital » investissent dans des entreprises peu avancées dans leur cycle de développement, comme des start-ups qui possèdent un fort potentiel de croissance mais aussi un risque élevé.
  2. Les stratégies de « Growth Capital » visent des sociétés plus mûres, afin de leur permettre de croître et de se développer. Généralement, les investisseurs prennent des participations minoritaires dans cette stratégie particulière.
  3. La dernière catégorie, le « Buyout », vise des sociétés établies, générant des flux de trésorerie plus constants et prévisibles. L’investisseur, en finançant leur expansion par exemple via des acquisitions ciblées, peut tabler sur une performance plus régulière. Historiquement, cette stratégie « Buyout » affiche le couple rendement-risque le plus attractif au sein du Private Equity.

Pourquoi investir dans le Private Equity et plus spécifiquement dans le « Buyout » ?

La raison principale est clairement le rendement attendu attractif. Sur le long terme, le Private Equity a en effet surperformé les marchés publics. Le « Buyout », en particulier, a historiquement mieux résisté pendant les dernières récessions. Les sociétés non cotées n’étant revalorisées que sur base trimestrielle, ceci permet d’éviter de succomber aux vents de panique qui peuvent souffler sur les marchés cotés.

On distingue généralement trois mécanismes de création de valeur pour les sociétés sous-jacentes :  les améliorations opérationnelles, la réduction de l’endettement et l’expansion des multiples. Les améliorations opérationnelles consistent par exemple en une réduction des coûts ou une réorganisation de l’activité. Le « Buyout » étant en partie financé par du levier, l’utilisation du flux de trésorerie pour repayer la dette contribue également à la performance. Finalement, on entend par expansion des multiples, le fait de revendre une participation dans une société à un prix plus élevé que le prix d’achat.

À qui s’adresse le Private Equity ?

Historiquement, la majorité des investisseurs dans le Private Equity étaient des investisseurs institutionnels, les sommes engagées atteignant plusieurs millions d’euros. L’excellent track record du Private Equity et la recherche de rendement sont aujourd’hui à l’origine de l’intérêt grandissant des investisseurs privés pour cette classe d’actifs. Le régulateur financier américain, la SEC, étudie d’ailleurs la possibilité de faciliter l’accès du Private Equity à ces derniers. Cette classe d’actifs ne présente toutefois un intérêt que pour les investisseurs disposant d’un horizon d’investissement suffisamment long. En moyenne, la durée de vie d’un fonds de Private Equity est de 10 à 12 ans. Les 5 premières années composent la phase d’investissement pendant laquelle les montants engagés sont appelés progressivement afin de financer l’acquisition des cibles qui vont constituer le portefeuille. Dans un second temps, de manière graduelle, l’investisseur bénéficiera de retours en capital lors de la revente des sociétés.

Comment l’industrie de Private Equity a-t-elle évolué ?

Portée par d’excellentes performances, l’industrie a subi une forte croissance durant la dernière décennie. À l’origine, la réduction de l’endettement constituait le principal contributeur à la performance pour la stratégie de « Buyout ». Aujourd’hui, le moteur de performance provient davantage des améliorations opérationnelles. Dans ce contexte, les sociétés font de plus en plus appel aux fonds de Private Equity en tant que partenaires stratégiques sur la durée.

À quoi faut-il être attentif pour envisager un investissement dans le Private Equity ?

La sélection du « General Partner », i.e. gérant de fonds, est primordiale. En effet, nous observons d’une part une forte dispersion entre les rendements des « General Partners » et, d’autre part, une persistance de la performance. En d’autres termes, les meilleurs gérants de fonds Private Equity parviennent généralement à répliquer leurs bons résultats historiques en enregistrant notamment moins d’échecs (« write-offs »). Par conséquent, en tant qu’investisseur, il est crucial de procéder à une « due dilligence » approfondie des différents fonds de Private Equity afin d’identifier les meilleurs gérants. Dans un environnement où les valorisations des entreprises sont tendues et le niveau de réserves de liquidités (« dry powder ») à déployer très élevé, il est opportun de pouvoir bénéficier de l’expérience d’un gérant de fonds de qualité. Il est également important de favoriser un gérant prudent, qui possède un accès à des transactions exclusives grâce à son réseau, et qui applique des stratégies de création de valeur bien adaptées à chaque transaction.

Quels sont les moyens d'accéder à des fonds de Private Equity ?

De nombreux fonds de Private Equity imposant des minima d’investissement de plusieurs millions d’euros, peu d‘investisseurs privés peuvent y accéder en direct. Pour faire face à une demande croissante, des institutions financières - banques privées notamment - ont mis en place des structures (« Feeder fund ») qui regroupent les engagements de plusieurs investisseurs afin d’investir directement dans le ou les fonds sélectionnés. De plus, les investisseurs bénéficient de l’analyse réalisée par des équipes de gérants qualifiés lors de la sélection des fonds. La Banque de Luxembourg dispose d’un tel fonds Private Equity depuis plusieurs années et propose actuellement un compartiment dédié à la stratégie « Buyout » avec un focus sur l’Europe.

Vous souhaitez plus d'information

JÉRÔME ZAHNEN
Investment Advisor
Continuons la conversation
Recevez mensuellement les analyses des marchés financiers et les actualités de la Banque.

Consultez notre dernière newsletter Consultez notre dernière newsletter