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Afin de respecter l'Accord de Paris dont les objectifs visent à limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius, le monde doit atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Face à ce défi, comment les Etats et les entreprises se préparent-ils ? Eclairage avec Mélanie Mortier, Senior Portfolio Manager à la Banque de Luxembourg.

La neutralité carbone, au centre de la communication des entreprises

Les objectifs environnementaux se précisent et nous constatons de plus en plus d’engagements envers l’objectif de ‘zéro émission’, par les Etats mais aussi par les entreprises. JP Morgan ¹ estime dans une étude parue en novembre 2021 que 30% des plus grandes entreprises, représentées par le classement Forbes 2000, ont des ambitions à ce sujet. Ainsi le ‘net-zero commitment’, objectif phare inscrit dans l’Accord de Paris, semble devenir le leitmotiv de nombreuses sociétés. L’horizon de temps reste lointain pour beaucoup mais la démarche est louable. Toutefois, l’absence d’une définition universelle faisant consensus rend difficiles la comparaison et l’évaluation des ambitions. Ainsi, pour certains, cet engagement repose essentiellement sur la compensation carbone alors que d’autres visent l’équilibre entre les émissions et les absorptions de CO².

Le diable se cache dans les détails

L’approche et la communication vis-à-vis de cet objectif peut fortement diverger d’une entreprise à l’autre. Ainsi, si l’on considère Alphabet, société mère de Google, la société est déjà neutre en carbone depuis 2007 et s’engage à ne plus émettre de carbone d’ici 2030. Elle investit pour développer ses propres capacités d’énergies zéro carbone (éolien, solaire, stockage, etc). Elle compense intégralement sa consommation d’électricité annuelle avec des énergies renouvelables depuis 2017 et achète des compensations carbone pour éliminer son héritage carbone². Microsoft, quant à elle, s’engage à éliminer plus de carbone qu’elle n’en émet d’ici 2030, notamment via des technologies telles que l’afforestation, la reforestation ou la séquestration de carbone dans le sol. En analysant plus en profondeur, on constate toutefois qu’Alphabet ne tient pas compte des émissions ‘Scope 3’, c’est-à-dire les émissions liées à l’utilisation des produits de la société, là où Microsoft les considère³. Cette dernière a même instauré une taxe carbone interne pour ses émissions ‘Scope 3’. Le diable se cache donc dans les détails. Toutefois sur un sujet aussi global, des voix se font entendre également pour considérer ces objectifs de façon plus transversale et mieux coordonnée. En effet, il n’est par exemple pas réaliste de penser que chaque entreprise puisse compenser ses émissions via de la reforestation, les zones de reboisement possibles n’étant pas infinies.

Quelles pistes pour une évolution du système énergétique et industriel ?

L’Agence Internationale de l’Energie (l’AIE) a, quant à elle, publié une modélisation détaillée de la trajectoire de l’évolution du système énergétique et industriel qui serait nécessaire pour atteindre l’objectif de zéro émission nette d’ici à 2050, et limiter le réchauffement à 1.5 degré Celsius. Elle identifie surtout des pistes comme l’électrification plus rapide de l’industrie, des bâtiments et des transports, tout en décarbonant la production d’électricité via l’énergie éolienne et solaire. Des gains substantiels peuvent être également effectués au niveau de l’efficience énergétique. L’hydrogène et les carburants alternatifs constituent aussi une alternative, là où l’électrification n’est pas possible selon l’AIE. Fait intéressant, le scénario de zéro émission nette de l'AIE fut la référence récemment utilisée par un tribunal hollandais pour imposer à la grande compagnie pétrolière et gazière Royal Dutch Shell de réduire son empreinte carbone de 45% d'ici à 2030. Ces thématiques d’énergies renouvelables et d’efficience énergétique sont particulièrement passionnantes et nécessitent une analyse approfondie, sur le plan technique bien sûr mais aussi en termes de valorisation. Certaines sociétés ont réellement été portées aux nues par les investisseurs, se basant sur des plans de relance ambitieux dans le domaine ou des perspectives particulièrement optimistes.

Afin d’atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, tant les Etats que les entreprises devront mettre en place des actions de réduction des émissions de CO2 ou de captation de celles-ci. Sans nul doute, la révolution énergétique et la prise en compte des ambitions climatiques des sociétés sont en cours et engendreront des changements majeurs dans les années à venir

¹ JP Morgan Cazenove, ‘The ABC of Corporates’Net-Zero targets’, 8 novembre 2021

² https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/infographie-carbon-free-carbon-negative-zero-emissions-s-y-retrouver-dans-les-engagements-de-neutralite-carbone-des-grandes-entreprises-149084.html

³ MSCI ESG Manager – Alphabet ESG rating Report


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Mélanie Mortier
Senior Portfolio Manager

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