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Dans une interview parue dans La Libre Belgique, Philippe Depoorter, Responsable Family Practice à la Banque de Luxembourg revient sur les interrogations soulevées lors des phases de transmission de patrimoine. Faut-il léguer ou donner ? Quand transmettre son patrimoine ? Comment effectuer au mieux cette transmission?

Quand il s'agit de faire passer l'entreprise familiale d'une génération à l'autre, les questions sont encore plus nombreuses.

Cette transmission, si elle est une bonne nouvelle pour celui qui en devient le détenteur, génère aussi beaucoup d'interrogations. Des questionnements, parfois douloureux, peuvent jaillir. Celui qui reçoit se trouve souvent confronté au dilemme: je peux, je veux ou je dois reprendre l'entreprise familiale. "Dans la transmission d'une entreprise familiale, la limite entre la famille et l'entreprise est souvent ténue et difficile à définir. Toutes les questions de filiation et de fidélité au projet familial et entrepreneurial viennent heurter le projet de transmission. On peut retrouver aussi cette problématique dans la cession d'une collection d'œuvres d'art. Et si celui qui la reçoit a horreur de ces tableaux" remarque Philippe Depoorter.

Il est vrai que le don engendre souvent un sentiment de dette chez celui qui en est le bénéficiaire.

Si l'on reçoit quelque chose de ses parents, on se sent redevable alors que l'on a un projet de vie, une vision du monde différente de celle de ses parents. Parfois, se pose la question de savoir comment équilibrer cette dette. Dans le cas d'une entreprise familiale si, par exemple, sur trois enfants, les deux aînés ont développé un projet de vie en dehors de la société, le dernier se sentira obligé de reprendre les rênes. "Dans les familles sans entreprise le même problème peut aussi se poser. Si le patrimoine est conséquent les parents craignent que leurs enfants arrêtent d'étudier n'envisagent pas de travailler. Parfois les enfants n'ont aucune idée de l'importance de ce patrimoine. Il y a dans nos sociétés une certaine gêne à parler d'argent" reconnaît Philippe Depoorter. C'est dans ce genre de situation que le banquier peut jouer un rôle d'intermédiaire neutre objectif. Il peut en tant que tierce personne étrangère à la famille, faire office de facilitateur. Il ne va pas dire comment établir la structuration de la transmission ni faire une thérapie familiale mais il va permettre que certains tabous tombent, il va faciliter le dialogue. La tension peut se relâcher et le transfert peut devenir la prolongation d'une histoire familiale. Le processus suit différentes étapes: on établit un état des lieux grâce à des entretiens individuels. Ensuite un diagnostic est posé avant d'établir un plan d'action et une feuille de route pour que ce transfert se déroule dans les meilleures conditions. "Nous pouvons aussi proposer de construire une relation entre les générations à travers un projet philanthropique ou la création d'une fondation pour financer des projets familiaux. Cela donne du sens à la transmission de patrimoine" ajoute Philippe Depoorter. Dans ce genre d'opérations, il est vrai que l'aspect immatériel et émotionnel ne doit pas être occulté.

Article publié le 30 mai par Isabelle de Laminne dans La Libre Belgique.

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