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La crise du COVID 19 a causé des dommages immédiats dans de nombreux secteurs de l’économie et les conséquences se feront sentir probablement sur le long terme. Afin de réfléchir dès à présent aux solutions dont disposent les entreprises locales et aux atouts du Luxembourg, une première table ronde était organisée le 14 janvier dernier par le magazine Paperjam.

Invité de cet événement, Pierre Ahlborn, Administrateur délégué de la Banque de Luxembourg, a eu l’occasion de partager son expérience et sa vision d’après crise avec d’autres intervenants impliqués sur la thématique de la résilience et du « recovery » de l’économie du Grand-Duché.

Les secteurs bancaire et financier font sûrement partie de ceux qui s’en sont le mieux sortis lors de cette crise. Pour quelles raisons ?

PIERRE AHLBORN (P. A.) Deux facteurs majeurs expliquent la résilience du secteur financier. D’abord, le basculement rapide vers le télétravail, qui a évité l’interruption de l’activité. Puis, la valorisation des marchés boursiers. Malgré une grande volatilité, les bourses ont fini l’année avec des valorisations correctes. Pour le cas particulier des fintech, celles qui sont actives dans le paiement ont profité du boom de l’e-commerce. Globalement, ce secteur a bien résisté, même si quelques petites sociétés ont souffert parce que certains acteurs de l’économie, avec les incertitudes environnantes, ont décidé de postposer certaines décisions d’investissement et de partenariat.

On s’attend à ce que les conséquences de la crise se répercutent sur le bilan des banques en 2022. Comment se préparent-elles à cela ?

P. A. Espérons que non ! Il y a effectivement un débat mondial sur le fait de savoir s’il y aura une crise financière après la pandémie à cause des faillites d’entreprises. Depuis 2008, surtout en Europe du Nord, les bilans des banques sont sains, et la maîtrise du risque est meilleure. Surtout, on constate que peu d’entreprises sont en difficulté par rapport à la pandémie. Elles ont été soutenues par les États et accompagnées par les banques qui leur ont fourni des liquidités. Il y a une communion d’intérêt, et le banquier fera tout pour aider les entreprises. Mais n’oublions pas que les banquiers, pour éviter qu’il y ait une crise financière demain, ont des obligations très fortes en matière de contrôle des risques. La Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) et la Banque centrale européenne (BCE) veulent s’assurer que le secteur bancaire ne sera pas le problème des années à venir. Nous avons une obligation de ne financer que les entreprises qui ont une vraie chance de survie. Si, pour l’instant, cela a bien fonctionné, il ne faut pas se leurrer. Dans les quatre années à venir, des entreprises vont connaître des difficultés parce qu’elles ressortent affaiblies de la crise.

Tournons-nous vers l’avenir. Comment l’économie va-t-elle se relever ?

P. A. Je tire trois leçons de la crise actuelle. Elle a d’abord accéléré les tendances sous-jacentes, notamment en matière de digitalisation de l’économie. Ensuite, cette crise nous a obligés à découvrir de nouveaux modèles de travail, notamment à distance, qui sont des facteurs de productivité. Enfin, je crois que nous allons vivre, après cette crise, une formidable poussée dans la productivité des entreprises parce que, justement, elles ont dû réfléchir à leur façon de travailler et de délivrer leurs services. Peut-être que cette crise va déclencher une forte poussée dans la productivité tant attendue depuis si longtemps.

Quelles leçons retenir de cette crise ?

P. A. D’abord, cette crise n’a été la faute de personne et a été très injuste pour les Hommes et les entreprises. Il fallait être solidaire. Et dans notre modèle de société, c’est l’État qui est le premier vecteur de solidarité. Nous avons dû nous endetter pour faire jouer cette solidarité. J’espère que la répartition des efforts pour résorber cet endettement se fera de manière juste. On peut aussi espérer que cette crise sera un point de rupture sur le plan environnemental, et pas seulement sur le plan digital. Cela prendra du temps, mais c’est aussi un bon moyen de relancer l’investissement que d’investir dans ces infrastructures dont nous avons tous besoin.

 

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