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Le billet vert a récemment été soutenu par les troubles italiens, les divergences de politique monétaire et la correction d’octobre. Ces facteurs semblent maintenant bien intégrés par les investisseurs qui pourraient commencer à réduire leur exposition.

Explications avec Jean-François Gillardin, Head of Discretionary Portfolio Management, dans une chronique parue dans le Luxemburger Wort du 30 novembre 2018.

En finance comme partout ailleurs, les opinions fluctuent rapidement. Au cours des premiers mois de l’année, les investisseurs ont ainsi massivement délaissé le dollar et privilégié les actions européennes et émergentes aux actions américaines. Quasiment un an plus tard, la situation est fort différente. Le dollar s’est apprécié de l’ordre de 5 % par rapport à l’euro et les actions américaines ont mieux résisté aux récentes turbulences de marchés que leurs consœurs européennes et émergentes.

Les principaux arguments de long terme plaidant pour une dépréciation du billet vert sont pourtant toujours d’actualité. Citons notamment l’aggravation du déficit des finances publiques suite à la réforme fiscale de Donald Trump, le déficit de la balance courante américaine comparé à un surplus en zone euro ou, dans une moindre mesure, le manque de confiance et de visibilité dans la politique menée par le président américain.

Le risque politique avait toutefois été fortement sous-estimé en zone euro et a fait un retour remarqué au mois de mai suite aux élections italiennes. C’est en effet à partir de ce moment que le dollar a commencé son mouvement haussier contre l’euro. La formation d’un gouvernement anti-système avait notamment fait craindre un dérapage des finances publiques italiennes et surtout poussé à la hausse les rendements italiens. Les pays périphériques étant plus endettés de nos jours qu’ils ne l’étaient en 2011, certains investisseurs ont même envisagé un retour de la crise souveraine.

La résilience de la croissance américaine a également forcé les investisseurs à revoir leurs anticipations de resserrement monétaire aux Etats-Unis. En janvier, quatre hausses de taux étaient attendues d’ici décembre 2019. Outre les trois relèvements déjà actés cette année, la Banque centrale américaine devrait encore procéder à trois nouvelles augmentations – dont une lors de sa réunion de décembre – au cours des 12 prochains mois.

Le gouvernement italien coincé entre l'UE et son électorat

A contrario, nous avons assisté au scénario inverse en zone euro. Début janvier, le marché prévoyait le début du cycle de resserrement monétaire de la BCE en juin 2019, suivi d’un second relèvement en décembre. Aujourd’hui, plus aucune hausse de taux n’est prévue sur cet horizon de temps. L’anticipation de ces deux hausses supplémentaires aux US et la suppression de celles prévues en zone euro a bien évidemment contribué à élargir le différentiel de rendement entre les taux sans risque américain et allemand et par la même occasion à l’appréciation du billet vert.

La forte correction des marchés en octobre et le retour de l’aversion pour le risque qui s’en est suivi a également bénéficié au dollar qui reste la devise défensive par excellence. L’incertitude concernant l’évolution de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis a aussi favorisé la devise américaine.

Pour que le dollar poursuive son appréciation par rapport à l’euro, il faudrait notamment une nouvelle détérioration des relations entre l’Italie et la zone euro. Les dernières nouvelles allaient plutôt dans le sens inverse avec une volonté affichée de réduire légèrement le déficit budgétaire. Reste à savoir si cette annonce est juste destinée à provoquer une accalmie sur les taux italiens ou si elle marque réellement le début d’un dialogue plus constructif entre les différentes parties. À ce stade, nous ne pouvons toutefois pas exclure que le gouvernement en place revienne ponctuellement avec des propositions censées satisfaire son électorat.

Sur le front des politiques monétaires, un scénario plus favorable à l’euro n’est pas à exclure. S’il est difficile de croire – compte tenu du ralentissement actuel – à un cycle de hausses de taux plus agressif qu’anticipé en zone euro, il n’est par contre pas impossible de voir les membres de la Fed graduellement assouplir leur discours. En effet, le ralentissement mondial pourrait les pousser à arrêter le cycle de resserrement monétaire plus tôt que ce que le marché attend.

Le taux de change euro dollar a surtout fluctué en fonction de trois facteurs Italie, politique monétaire, aversion pour le risque qui semblent maintenant bien intégrés par les marchés. Si à court terme, une poursuite de l’appréciation n’est pas à exclure, les indicateurs de long terme plaident plutôt pour une dépréciation du billet vert. À ce titre, il n’est peut-être pas inintéressant de graduellement prendre ses profits sur la devise.

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