Un point sur le private asset
Année après année, le Private Asset remporte les suffrages auprès d’un public d’investisseurs toujours plus large. Focus sur cet actif performant avec deux spécialistes de la Banque de Luxembourg : Vincent Willem, Deputy Head of Asset Servicing et Virginie Loisel, Head of Funds & Institutional Clients Relationship Management.
Cet article est extrait du Grand Dossier Private Equity de Paperjam d'octobre 2025
Un actif au succès continu
Le Private Asset constitue l’ensemble des investissements dans des classes d’actifs non liquides, comme le Private Equity (ou capital-investissement, c’est-à-dire l’ensemble des placements réalisés dans des entreprises non cotées, à différents stades de leur développement, sur un horizon généralement long), l’immobilier, la microfinance, etc.
L’économie réelle offre des opportunités d’investissement, qu’elles soient directes ou indirectes, par exemple au travers de fonds de fonds ou de mécanismes de dette, revêtant ainsi une dimension plus concrète qu’un fonds d’investissement « traditionnel ». Pour les entreprises, le Private Asset constitue un accès simplifié à des capitaux, ce qui a fait son succès et explique les velléités de démocratisation depuis quelques années.
Ce secteur a connu un essor remarquable, alimenté par une forte appétence des investisseurs à la recherche de rendements élevés dans un contexte de taux bas et d’incertitude sur les marchés traditionnels des valeurs cotées. Cette croissance s’appuie sur la montée en puissance des investissements dans les secteurs innovants comme la technologie et la santé, ainsi que sur l’apparition de méga-fonds mondiaux capables de mobiliser plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Considéré comme une classe d’actifs offrant un potentiel de rendement supérieur et une diversification attractive, le Private Asset contribue aujourd’hui à dynamiser l’économie réelle et à créer des opportunités pour les entreprises et les investisseurs. Les tickets d’entrée sur ce type de fond étant de plus en plus abordables, un grand nombre d’investisseurs « High net Worth » a été séduit. Toutefois, 95 % de ces investisseurs demeurent des professionnels et nous n’avons pas encore assisté à une vraie retailisation du Private Asset. Évidemment, les performances de ces actifs ont largement contribué à leur attractivité.
Un focus européen
Offrant de fortes opportunités de développement, l’Europe concentre depuis quelque temps l’attention des investisseurs institutionnels et privés cherchant diversification et rendements supérieurs. Une tendance qui se confirme en particulier au niveau immobilier, qu’il soit de type résidentiel ou professionnel.
Nous constatons un réel dynamisme de la part des initiateurs de fonds qui font le choix du Luxembourg pour lancer leur projet, notamment de fonds ELTIF (European Long Term Investment Funds). Plus de 65 % des ELTIFS créés en Europe sont d’ailleurs localisés au Luxembourg, qui reste ainsi la principale place européenne pour ce type de fond.
La dette privée et la démocratisation de l’accès au Private Asset progressent grâce à cette règlementation ouvrant le marché à une clientèle plus large, y compris les investisseurs privés. Cette actualité illustre également l’inébranlable statut de leader que peut revendiquer le Luxembourg dans la distribution des fonds. « La stabilité économique et politique du pays et les décisions du Gouvernement pour améliorer notre attractivité continuent d’attirer et de retenir les investisseurs des quatre coins de la planète, inquiets des instabilités géopolitiques et nationales » affirme Vincent Willem.
Les choix d’investissements se concentrent sur quelques grands thèmes comme les technologies, l’IA et le digital, la santé et les biotechnologies, les infrastructures (énergies, data centers, transports) et la durabilité et les transitions énergétiques (décarbonation, énergies verte et bleue). Enfin, il n’y a pas lieu de douter que les nouvelles outre-Atlantique ainsi que les décisions politiques au sujet des frais de douanes renforceront l’Europe dans sa position de zone refuge auprès des investisseurs, avec une réallocation des capitaux vers des stratégies robustes, flexibles et responsables. L’avenir du secteur sera marqué par la multiplication de véhicules multi-stratégies avec une intégration systématique d’indicateurs ESG et la recherche active de rendements dans un contexte macroéconomique plus volatil.
Un point règlementaire
L’accroissement règlementaire de ces dernières années au Grand-Duché n’a pas épargné le Private Asset, un marché qui était moins régulé il y a 10 ans. Cette règlementation doit évidemment servir à sécuriser les instruments, la distribution et protéger les investisseurs ; toutefois, toute surenchère règlementaire, qui nuirait à l’attractivité et à la performance de ses actifs, est à éviter. Tout est affaire d’équilibre, même si ce dernier n’est pas facile à atteindre. Entre image sulfureuse souvent injustement « collée » et attractivité, la ligne est parfois très fine.
La prise de conscience et les décisions du Gouvernement et du Régulateur en matière de digitalisation et de simplification notamment, sont des signes prometteurs pour le Luxembourg.
« L’expertise multidisciplinaire et la stabilité des équipes de la Banque de Luxembourg en ont fait un acteur de premier plan dans le monde de l’Asset Servicing et du Private Asset en particulier. » Vincent Willem
Une palette d’outils efficace
Forts de rendements importants et de phases de croissance élevées, les fonds de Private Assets disposent depuis longtemps déjà d’une palette d’outils avancés pour mieux investir, avec un timing plus précis. Autrement dit, le delta entre la phase de décision d’investissement et l’appel des fonds est optimisé, au bénéfice de la rentabilité globale du portefeuille. Ces outils permettent une meilleure réactivité aux évolutions du marché grâce à une vision actualisée des performances, un suivi précis des engagements et une optimisation de la prise de décision. C’est dans ce cadre que nous constatons que les clients Private Assets nous sollicitent également en matière de financement pour des besoins spécifiques. Ces offres, principalement d’Equity Bridge Financing sous forme de Capital Call facilities, constituent aujourd’hui un produit à valeur-ajoutée que nous employons au service de nos clients.
« C’est également un gage de flexibilité lorsqu’une opportunité se présente. Le client peut immédiatement l’exploiter et investir » précise Virginie Loisel.
Un acteur de premier plan
« L’expertise multidisciplinaire ainsi que la stabilité de ses équipes ont fait de la Banque de Luxembourg un acteur de premier plan au Grand-Duché, dans le monde de l’Asset Servicing et du Private Asset en particulier. » nous indique Vincent Willem. Renforcée par son appartenance au groupe Crédit Mutuel, banque non cotée disposant d’une vue à très long terme, la Banque est présente sur les marchés privés depuis plus de trente ans. Une expérience qui profite directement aux clients et aux fonds Private Assets.
Le domaine des marchés privés au sens large est d’ailleurs un vecteur de croissance et un axe stratégique de développement pour l’Asset Servicing chez Banque de Luxembourg. Du côté des clients, les retours sont marqués par un taux de satisfaction très élevé. « La Banque intègre l’approche centrée sur le client comme un élément essentiel de son identité » confirme Virginie Loisel. L’expertise et l’expérience des Relationship Managers permettent également une parfaite compréhension des besoins des initiateurs de fonds, ainsi que la mise en place d’un accompagnement adapté et de solutions pertinentes face aux objectifs de cette clientèle.