Une expertise mise au service des fonds «durables»
Plus de la moitié des fonds UCITS européens intègrent aujourd’hui des critères de durabilité. Une évolution profonde portée par les gestionnaires et les investisseurs, et soutenue par leurs partenaires, pour leur permettre d’aborder les enjeux d’une finance responsable en toute transparence.
Au fil des dix dernières années, l’industrie des fonds d’investissement a vu son paysage considérablement évoluer avec une intégration soutenue des critères de durabilité par les acteurs majeurs de la finance. « Si la réglementation a constitué un levier essentiel de cette transformation, le comportement des investisseurs a également joué un rôle important dans cette dynamique », explique Virginie Loisel.
La réglementation, avec SFDR1, contribue avant tout à offrir davantage de transparence aux investisseurs. Pour répondre aux attentes de ces derniers, et notamment de ceux souhaitant aligner leur stratégie d’investissement sur un ensemble de valeurs “durables”, les gestionnaires ont veillé à adapter leur offre.
Au total, l’Europe compte plus de 11 000 fonds Article 8 et environ 1 000 fonds Article 9, pour lesquels les exigences de transparence sont plus élevées.Sofia Souici, Associate Business Development Manager – Asset Servicing
Une évolution majeure
« Aujourd’hui, plus de la moitié des fonds UCITS en Europe sont classés Article 82 ou 93 selon la réglementation SFDR, représentant une part substantielle des encours totaux », poursuit Sofia Souici.
Les premiers (Article 8) intègrent un ensemble de critères ESG, tandis que les seconds (Article 9) ont pour ambition première de générer des impacts “durables” autour de sujets spécifiques : développement des énergies propres, décarbonation, atténuation du changement climatique, inclusion financière, accès à l’éducation, autonomisation des femmes, etc. « Au total, l’Europe compte plus de 11 000 fonds Article 8 et environ 1 000 fonds Article 9, pour lesquels les exigences de transparence sont plus élevées, ajoute Sofia Souici. À l’échelle européenne, les encours des fonds UCITS durables s’élèvent à plus de 7 000 milliards d’euros, illustrant la maturité et la profondeur de l’intégration ESG. »
Cette dynamique s’observe dans l’ensemble de l’industrie, au-delà du seul périmètre des fonds UCITS.
(PwC EU ESG UCITS Poster 2025 ; ALFI – European Sustainable Investment Funds Study 2024).
Luxembourg, premier domicile des fonds durables
Le Luxembourg a pleinement accompagné cette transformation. La place financière est aujourd’hui le premier domicile européen pour les fonds durables, avec une augmentation de presque 100 % du nombre de fonds Article 8 entre 2021 et 2024, portant leur total à environ 4 500 fonds. Ces derniers ont continué à attirer des flux positifs (EFAMA).
Les fonds Article 9 ont connu une croissance plus modérée et ont même enregistré en 2024 des sorties nettes, signe d’une plus grande prudence des investisseurs face aux stratégies dites « dark green ».
D’autre part, les exigences de la SFDR pour les fonds Article 9 sont particulièrement strictes, notamment en matière de preuve d’un objectif de durabilité mesurable et d’alignement des données et des reportings.
Cela a conduit de nombreux gérants à adopter une approche plus prudente ; plusieurs fonds initialement classés Article 9 ont d’ailleurs été reclassés en Article 8 à mesure que les méthodologies se sont précisées. (ALFI – European Sustainable Investment Funds Study 2024).
Enfin, la réglementation européenne tend désormais vers une simplification du cadre. La revue de la SFDR, actuellement en cours, inclut un « Call for Evidence » visant à clarifier les concepts clés, réduire la complexité et alléger les contraintes administratives, avec une proposition de la Commission publiée le 20 novembre 2025, suivie de près par la publication de la liste des membres du troisième mandat de la « Platform on Sustainable Finance » en janvier de cette année. L’objectif de cette plateforme sera de réviser et de simplifier les critères de la taxonomie, et développer de nouveaux critères pour d’autres activités économiques, recueillir et utiliser les retours des parties prenantes sur les outils et les règles existants, tout en conseillant la Commission sur des sujets liés à la Taxonomie de l’UE et au cadre de finance durable en général.
Si le Luxembourg s’est imposé comme domicile de référence, c’est notamment grâce au développement d’une expertise et d’un écosystème d’acteurs et de services capables de soutenir cette transformation. Elle concerne aussi bien les fonds traditionnels liquides que les fonds investis en actifs illiquides, dont les cadres d’investissement et les modalités opérationnelles diffèrent.
Expertises renforcées
Banque de Luxembourg – Asset Servicing, dont l’activité de banque dépositaire ne se limite pas à la finance durable, a développé une expertise solide sur ces enjeux.
« Dans nos activités de banque dépositaire, nous supervisons environ 480 compartiments, dont 125 classés Article 8 et 30 classés Article 9 (l’encours de ces derniers représentant environ 6 milliards d’euros) » commente Sofia Souici.
Par exemple, certains fonds de microfinance actifs sur les marchés émergents exigent souvent le traitement de volumes transactionnels plus importants.Virginie Loisel, Head of Funds & Institutional Clients Relationship Management – Asset Servicing
Des approches sur mesure
La gestion d’un véhicule d’investissement de type « Article 9 » implique notamment un engagement à plusieurs niveaux et des spécificités particulières. « Par exemple, certains fonds de microfinance actifs sur les marchés émergents exigent souvent le traitement de volumes transactionnels plus importants, détaille Virginie Loisel. L’accompagnement requiert une grande réactivité et des équipes formées en profondeur, capables de comprendre les contextes locaux dans lesquels nos clients interviennent. Au fil du temps, nous avons renforcé nos ressources internes et approfondi notre expertise sur des marchés, des classes d’actifs et des structures d’investissement spécifiques. »
Une infrastructure qui s’adapte aux trajectoires durables
Au-delà des services dépositaires classiques, nous avons enrichi notre offre avec des solutions additionnelles — telles que des « Technical Assistance Facilities » — répondant aux besoins spécifiques de plusieurs fonds à impact, notamment dans la gestion des donations.
Cette infrastructure et cette expertise nous permettent d'accompagner nos clients dans un environnement réglementaire en constante évolution, et de les aider à répondre aux nombreuses exigences en vigueur. « Cela nous permet aussi d’accompagner des clients qui souhaitent s’engager sur la voie de la durabilité, en leur permettant d’intégrer des pratiques d’investissement responsable sur certains compartiments ou poches de fonds » complète Sofia Souici.
De surcroît, nous nous inscrivons dans une démarche de durabilité depuis plus de 25 ans. « Cet engagement se traduit aujourd’hui par la certification B Corp4, obtenue en 2023, et par la prise en compte des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance à travers l’ensemble de la banque et de ses métiers » conclut Virginie Loisel.
1SFDR : Sustainable Finance Disclosure Regulation
2Article 8 qui déclare la prise en compte des critères ESG
3Article 9 qui présente un objectif d’investissement durable significatif
4B Corp : communauté d’entreprises engagées en faveur d’une économie plus inclusive, équitable et régénératrice, conciliant but lucratif et intérêt général.